Nous envoyer un SMS: le plaisir d'offrir et de recevoir
Sur le site http://messaging.iridium.com/ vous avez la possibilité de nous envoyer un SMS gratuit (n'oubliez pas de vous identifier à la fin du message).Quel plaisir pour nous de recevoir un message d'amitié au fin fond de la brousse! Pour cela, il suffit d'aller sur le site ci-dessus et de compléter avec notre numéro IRIDIUM (+8816) 32534201
Autre possibilité: en bas de chaque message, il y a possibilité d'envoyer un commentaire. Choisissez l'option anonyme (mais indiquez quand même dans le texte qui vous êtes sinon ça sera dur de savoir qui nous écrit), et le tour est joué. Mais là, nous ne pouvons consulter ces messages qu'avec un accès internet alors qu'avec le tel satellite, on le reçoit n'importe où et n'importe quand.
Comme dit dans le précédent article, nous nous sommes arrêtés dans une ferme. Après une nuit tranquille, le matin nous sommes pris au saut du lit par 2 jeunes sympas qui rigolent de nous voir là. N les invite au petit-déjeuner, et en retour, nous demandent de passer à leur magasin de vente de fruits.
Avant de partir, nous allons remercier notre hôte. En fait, le jeune que nous avons vu la veille n’est qu’un employé. Il y a maintenant le patron et la patronne, et un autre gars venu aider à traiter les vaches et à décorner les petits. Nous sommes invités à déjeuner.
C’est toujours surprenant de voir les relations sociales entre les patrons et les employés. Ce n’est pas comme chez nous. On ne voit pas de lien social apparent. Ils déjeunent ensemble, rient ensemble, se congratulent. On dirait plutôt une famille. Les 2 femmes (patronne et emplyée) préparent le repas ensemble. Par contre, le patron ne fait que regarder ; il ne lève pas le pouce. Chez nous, un patron travaille, un peu seulement diront certains. Mais là, nada. Pas le petit doigt. Surprenant.
L’exploitation de 40 ha n’a que 16 vaches, mais peut faire vivre une famille qui travaille et une famille qui ne travaille pas. Bonne rentabilité.
Nous poursuivrons notre rencontre jusqu’au lendemain car nous sommes invités après le dejeuner à aller dans la maison de ville des patrons, dans la ville de Garzon.C’est une maison d’un grand standing pour le pays, avec cuisine aménagée, salon, sdb , TV, hifi, Magnetoscope. Bref, bien. La petite ferme est rentable.
Nos hôtes sont super gentils.
Aux petits soins. Nous sommes chez nous nous répètent ils. Le lendemain, comme d’hab, ils voudraient que nous restions. Merci à eux.
Revenons un peu en arrière. Après le dejeuner à la ferme, nous sommes aller assister au « brulage » des cornes des veaux. Cœurs sensibles s’abstenir. La bête est immobilisée par 3 gars tandis que le 4e coupe le petit bout de corne – ça saigne, la bête écume, gémit, c’est terrible - . Ensuite il brule la plaie au fer rouge. Idem.
A la fin de l’opération, ils nous demandent de sortir du coral. On comprend pourquoi. Le veau est furieux et rancunier. On assiste à une corrida. Ils chargent les gars restés à l’intérieur.
Nous nous éloignons d’une centaine de mètres, derrière des barres de fer qui empêchent les animaux de sortir des chemins. Me croyant à l’abri, je mitraille. Le veau fonce…et saute par-dessus la barrière fictive et me fonce dessus. Je joue au torrero, garde mon calme et à 50 cm, m’écarte vivement de la trajectoire. Une chance. Il m’effleure. Je n’ose imaginer ce qui serait arrivé s’il m’avait « entêté ». Une bestiole de 100 kg qui vous heurte de plein fouet, bonjour les dégâts colatéraux et latéraux.
Comme quoi, en Colombie, il n’y a pas que les FARC. Ceci dit, sur la photo de l’église de garzon, vous voyez une affiche d’un conseiller municipal. « Nous t’attendons » dit l’affiche. Ça fait plus d’un an que les FARC l’ont enlevé.
Juste après la frontière, la ville de Ipiales. Une bonne impression. D’abord, les gens regardent avec curiosité la plaque minéralogique. Ensuite, dans les magasins, ils sont souriants et sympathiques. On est loin de la Bolivie où on avait parfois l’impression de les faire c…. Les flics sympas aussi. Pourvu que ça dure.
Pour ce soir, direction une lagune à quelques km, à la campagne, perchée à 3600 m.
Là, les gens, des indiens sortent un peu du trou du cul du monde et nous observent, de loin. Il faut dire qu’ils ne doivent pas voir des touristes tous les jours. Il fait gris, il fait froid ; tout pour plaire. On passera une nuit tranquille, sans aucun bruit, si ce n’est les sempiternels cabots. Nous n’apercevrons pas le volcan tant vanté par le Futé, à cause des nuages épais du climat équatorial.
Monnaie locale : le peso colombien. 2400 pesos $ pour 1€. Gas oil 4700 $ le gallon (4 litres) soit dans les 0,50€ le litre. Plus cher qu’en Equateur (0,25€) mais correct tout de même. Ceci dit, en remontant vers le nord du pays, on verra les prix grimpés à 65oo$. Sacrée différence. Est-ce parce que nous sommes un peu dans une région isolée ? Nous verrons à Bogota.
Un jour, on a mangé pour 4500$. Le lendemain pour 7000 !! Attendons un peu pour porter un jugement sur le cout de la vie. Mais de là à dire comme certains que l’alimentaire est au même prix qu’en France, il y a un pas. C’est sur que si on fait ses courses au magasin Carrefour de Pasto, c’est cher. Mais, si comme nous on va au marché ou dans les boutiques, ce qui est vachement plus sympa, les prix sont bon marché.
Tiens, Steph, une info. Tu trouves à Carrefour de la moutarde Maille à l’ancienne, et tout le centre commercial est en wifi libre. Tu peux pas louper le centre commercial ; il est sur la Panaméricaine.
Direction la ville de Popayan, au centre ville colonial, tout de blanc immaculé. Heureusement qu’il pleuvait ce jour là, sinon on aurait du mettre les lunettes de soleil tellement les façades sont blanches.
Sinon, sur la route, les paysages changent radicalement en quelques km. Pour exemple, on part de notre lagune à 3600 m dans un paysage de montagnes hautes et verdoyantes.
Après Pasto, la route passe en surplomb d’un canyon pratiquement au niveau de la mer, la route étant à 1300m. Encore un peu loin, on fera un bivouac à 500 m avec des températures étouffantes. Pas toujours facile de s’adapter.
Certes, les paysages sont beaux, verts, luxuriants, mais je ne sais pas si c’est personnel, on ne s’extasie pas. C’est beau, mais du déjà vu (quoique non), je sais pas, c’est pas du top top comme on a pu voir précédemment.
Concernant les gens, on n’a pas fait de rencontre ; à Popayan, un jeune Colombien nous a demandé en anglais si on avait besoin d’aide. Et on a eu un merci de venir « dans mon pays ». Cool non !! On en n’a pas cherché non plus car pour les bivouacs, on vit toujours un peu avec les a priori que véhicule la Colombie à travers les médias interposés. On est dans la même situation que lorsque nous sommes allés en Iran. Des fous. Nous sommes des fous, déliés. On voit peu de touristes, ou des Colombiens qui visitent leur pays.
On fait attention au bivouac, mais sans dormir systématiquement dans des endroits « verrouillés » comme ont fait certains. En fait, quand on recherche des tuyaux sur ce pays, du style combine, endroit de bivouac intéressant sur les sites internet, le si peu de gens qui viennent ici en véhicule (camping-car), ont tous dormi ou dans les stations services, les postes de police, les parkings d’hôtels. Bref, trouillomètre à zéro.
Alors, info ou intox ? Difficile à dire comme ça. Il faut se renseigner, aux contrôles de police ou militaires, aux gens. Ainsi, ce soir, on n’est ni au poste de police ni dans une station service, mais au milieu d’un champ de cane à sucre. Inch Allah.
Tiens, hier et ce matin, on a fait la piste Popayan San Augustin,
soit dit en passant bucolique à souhait, avec pleins de fleurs et plantes différentes,
ainsi qu’une chapelle honorant la Vierge de la lampa à iode !!
Sur le Petit Futé, ils mettent que sur cette route, notre sécurité peut être mise à ma par la guérilla l. Alors, on a toujours un peu en tête de se retrouver nez à nez avec des FARC, surtout que la piste est vachement sauvage, isolée en pleine jungle. On a vu un contrôle de militaires ; je leur ai demandé s’ils étaient bien militaires. A priori oui, et ils étaient tout contents de voir des gens qui sortent de l`ordinaire. A la question, vous venez d’où : « Mais de France amigo ».
Notre avis, est que les Colombiens sont comme partout (peut-être un peu plus) des gens gentils, comme 99% des personnes. Comme partout, il faut faire attention aux vols dans les endroits touristiques. Et puis, il y a le problème de la guerilla FARC et des para-militaires. Cela ne concerne pas la population mais ces groupuscules exclusivement. Pour eux, il faut se renseigner sur la route et auprès de la population.
Revenons à l’aspect touristique. Aujourd’hui, nous avons vu le centre ville historique de Popayan,
la plus haute chute de Colombie, el salto de Bordones.
Beau cadre, d’accord, mais déjà vu ( info : on ne paye plus). Par contre, le site archéologique Alto de las piedras (gratuit aussi) est sympa et présente des tombes et statues de civilisations pré-incas sur lesquelles on ne sait presque rien. Visuellement, cela nous a plus attiré l’œil parce que c’était nouveau.
Et dans le même domaine, le site archéologique de San Augustin est vraiment bien ; des statues, des tombes, un musée, et un environnement tropical superbe avec de belles fleurs et de beaux papillons.
Parfois des statues un peu spéciales…On y a passé plus de 3 heures. Prix 15000 $ pour les adultes étrangers et 5000 $ pour les enfants de moins de 15 ans. Par contre, les restos aux alentours pratiquent des prix touristes : 18 000 $ pour un plat de chorizo alors qu’on a eu le même pour 4500$ !!
Petite visite à El estrecho, des gorges sur le fleuve Magdalena.
Nous y avons gouté au jugo de caña, jus de cane. Excellent.
Et nous avons eu droit à la démonstration de la machine qui presse la cane. Nous y avons aussi rencontré une famille colombo-suisse, aisée et cultivée. Concernant l’image de la Colombie, ils disent qu’il ne faut pas écouter tout ce qui se dit. Concernant le danger inhérant aux FARC, il peut être partout… Mais que dans tous les pays il y a des risques de ceci et de cela. Bref, à voir sans paranoïa excessive.
Le soir, trouver un bivouac est toujours aussi difficile. Quand ce n’est pas la montagne qui vous empèche de trouver un site plat, ce sont les prés cloturés. Alors, on demande au paysan du coin et pas de problème. Il viens vous voir si vous avez besoin de quelque chose. Le matin, d’autres fermiers viennent avec le sourire et du lait tout frais tiré du pis de la vache. Sympa. Et on est invité à manger du raisin.
En fait, on a passé la journée et la nuit chez nos hotes mais je n'ai pas eu le temps d'écrire la suite. Débordé.
7e tampon différent sur notre passeport depuis notre arrivée sur le continent sud américain, l’Equateur, petit pays, ne sera pour l’instant qu’un passage obligé pour aller en Colombie. Nous le traverserons du sud au nord, un petit millier de kilomètres.
Dès la frontière à Macara, le paysage est montagneux, tropical, avec des nids de poules sur la Panaméricaine. Sur la route, peu de voitures. Ici, peut-être plus qu’ailleurs, il n’y a pas ou peu de classe moyenne. Les riches roulent avec des pick-up récents, les autres n’ont pas de voitures. Ce sont les collectivos les rois de la route. Au Pérou, c’était la même chose, avec encore moins de voitures nous semble-t-il.
Idem au niveau des maisons. Il y a des masures en terre…et de très belles maisons hyper protégées avec des barbelés ou des fils électriques !! Vive le ghetto de riche.
Nous choisissons la route « directe » mais qui fait quand même pas loin de 1000 km pour rejoindre le nord du pays. La moyenne n’est jamais très élevée et cela nous prendra du temps, 5 jours. Cette route est la route des volcans, celle qui passe au pied des nombreux volcans que compte ce pays, dont de nombreux actifs, voire très dangereux. Espérons que le Tungurahua en éruption depuis 1999, le Cotopaxi (5897 m) ou le Chimborazo (6310 m et plus haut sommet) ne vont pas péter à notre passage. Quel spectacle en perspective. Durée de vie maxi : 15 mn avant qu’une coulée de lave et de boue n’ensevelisse tout sous son passage.
Cette route est un peu décevante car très fréquentée ( c’est un euphémisme) et l’attention étant permanente, difficile d’apprécier. Par ailleurs, les paysages ne sont pas escarpés ; à 36oo m, on se croirait en Normandie. On fait mieux comme dépaysement.
En plus, il faut que le temps soit de la partie. Ici, c’est un peu comme en Scandinavie. Si le temps qu’il fait ne te plait pas, attend 2 minutes. Cela change tout le temps, avec beaucoup d’humidité et donc de pluie. Il y a de la végétation ici, donc il pleut. Fini les ciels bleus azurs de l’Alti Plano ; il fait plus chaud (pas trop tout de même), et il pleut.
Donc, pour apercevoir ces majestueux sommets aux neiges éternelles, il nous faudra une éclaircie, donc de la chance. Au sud de Quito, nous ne verrons rien du tout. Aucun des volcans ne se laissera apercevoir, caché sous sa masse nuageuse grise. Pourtant, nous aurions bien aimé apercevoir le Tungurahua crachant et fumant car certaines routes barrées sont le signe d’une activité réelle.
Par contre, au nord de la capitale, le climat change et devient chaud et sec. Eh oui ; nous sommes à nouveau avec la tête en haut, à savoir dans l’hémisphère nord et c’est l’été. En fait, je ne pense pas que ce soit cela qui occasionne un changement de climat, mais plutôt la configuration des lieux. En tout cas, nous verrons au lointain un cône enneigé émerger des nuages. Magnifique.
Pour en finir avec l’activité volcanique, les villages sont parsemés ici et là de pancartes indicatives des mesures à suivre en cas d’évacuation. Par contre, quand on voit « zone de sécurité » à 500 m des zones à évacuer, on est en droit de se poser quelques questions !!
Revenons à notre parcours. Sur cette Panaméricaine, nous faisons une halte dans la petite ville de Loja, bien calme et sympa, puis celle de Cuenca avec un centre historique superbe, avec des églises et de nombreuses maisons coloniales bien restaurées.
Les femmes ont ici un costume traditionnel, toujours différent. Nous découvrons le chapeau Panama très élégant, surtout lorsqu’il est recouvert d’un plastique pour le protéger de la pluie. A Saraguro, elles sont toutes de noir vêtues . Remarquez certains anachronismes.
Ah ! Singularité. Les hommes ont les cheveux longs, comme les femmes, avec des nattes. De dos, gare à la méprise messieurs les Dom Juan !
Au marché central de Cuenca, nous nous faisons un petit plaisir culinaire avec un cochon grillé à souhait. Fameux hein !
Nous y découvrons parallèlement un nouveau métier avec un avenir très prometteur : promeneur de chèvres. Métier d’avenir ?
Nous passons à Quito, sur la Panaméricaine qui surplombe et coupe en 2 la ville. 7 km de large maxi sur 30 de long. Nous ne nous sentons pas de force à rentrer dans cette fourmillère. Bien sur, à Quito comme dans toutes les capitales, il y a une concentration de richesses…et de misère aussi. En ce qui nous concerne, nous ne ferons que passer par un centre commercial ultra moderne. Ce qui est intéressant, c’est la configuration des lieux, un peu comme la Paz. Nous sommes à plus de 3000 m et l’urbanisation occupe tout ce qui peut être occupé, sur des pentes incroyables.
Puis, direction le nord, avec de fréquents changements climatiques. Comme je vous le disais précédemment, sec d’abord, puis humide ensuite. On se croirait en Suisse ou en Normandie avec des prés en herbe et plein de vaches. Spécialité du coin, un fromage type mozzarella (pas mauvais) et des pâtisseries du nom de biscocho. On est obligé de mettre une tapette à souris pour pas que Camille y mette les mains.
Dans cet environnement , la recherche de bivouac est impossible, puis les grosses villes s’enchainent et nous nous retrouvons en pleine nuit sans coin où se poser. Le hasard nous emmènera sur une piste où nous ferons la connaissance d’un couple de petits vieux super gentils qui nous offrirons le matin une tasse de lait de la ferme et une papaye pour la route.
C’est la première fois que nous sommes invités dans une famille en Equateur, modeste de surcroit, mais ô combien généreuse. Ils vivent dans une maison en terre, avec une cuisine au feu de bois, un four à pain traditionnel. Un filet sépare le toit de l’habitation, Pour tout mobilier, il y a une table, des chaises et un frigo. A la retraite, ils vivent de leur production de fruits et légumes, de quelques vaches et chèvres. Leur fille et gendre travaillent à la ferme voisine, une immense entreprise d’élevage de poulets, pour 240$ par mois. Une misère, avec 3 enfants à élever.
Ils nous parlent de leur ancienne monnaie, le ·sucre » qui prévalait jusqu’en 2000 pour être remplacé par le dollar US . Lors de ce changement de monnaie, il y a eu une dévaluation brutale et ces pauvres gens y ont perdu énormément en pouvoir d’achat.
On n’observe même pas de regret, de révolte, ni de résignation d’ailleurs dans leurs propos. Ils subissent, constatent, impuissants à ce qu’on leur impose. Ainsi vont les choses.
On aborde aussi le sujet des origines. Ce sont des métis, et non des indigènes, et ils le disent bien. Racisme ? Nous ne saurions le dire. Il faut dire que dans cette partie nord de l’Equateur, nous voyons de plus en plus une population noire, sans doute descendante des anciens esclaves.
Ce fut très instructif pour nous et nous avons énormément apprécié leur gentillesse et leur bonne humeur.
Encore une grosse centaine de km, et nous nous trouvons à Tulcan, à la frontière colombienne. Grosse frontière puisque unique lieu de passage terrestre entre les 2 pays, mais tout s’est bien et rapidement passé. Pas de fouille de la voiture, pas de fouille corporelle pour les dames (dixit le routard !!). Pas de contrôle sanitaire, nada, Efficacité, gentillesse et sourire, surtout du côté colombien.
C’est parti pour une destination qui peut faire peur, mais tous les voyageurs individuels rencontrés ont été enthousiastes. Qui vivra verra. Nous souhaitons confirmer leurs dires.